Royal Arena 2017: rencontre avec KT Gorique

Crédit: slat5@gmdtree.com

Rappeuse valaisanne d’origine italienne et ivoirienne, KT Gorique est championne Suisse et Mondiale 2012 de la compétition internationale de MC’ing End of The Weak. Elle vient également de recevoir le prix de la meilleure actrice au Hip-Hop Film Festival de New-York à Harlem pour son rôle dans le film Brooklyn de Pascal Tessaud (2014).
L’artiste signe en 2015 son premier album solo, Tentative de Survie. Elle sort en 2017 une toute nouvelle mixtape ORA. A son actif, d’innombrables dates de concerts, y compris en festivals. KT est une artiste aux talents multiples, et c’est après son impressionnant concert au Royal Arena que j’ai le plaisir de la rencontrer pour La Fabrik.

La Fabrik : Salut KT! Avec tout ce que tu fais, combien d’heures dors-tu par nuit, si toutefois tu dors ?

KT : Je ne dors pas beaucoup. C’est une bonne question (rires)… En fait, j’ai un rapport assez particulier avec le sommeil. Mais même si je dors peu, j’arrive à plus ou moins me reposer.

La Fabrik : Au long de ta mixtape ORA, véritable conte initiatique rappé, on est guidé par la voix de la mystérieuse Râfike, ta conscience ? Un de tes avatars ? Est-ce que cette jeune-femme en quête d’introspection que j’ai en face de moi, au-delà de son blaze, s’avère plus sensible que catégorique ?

KT : Ouais c’est exactement ça. Et je suis très heureuse que tu l’aies saisi comme ça en fait parce que ma démarche avec cette mixtape était d’aborder mon ressenti. Après l’album, j’ai vécu des expériences très fortes émotionnellement et le fait de pouvoir les extérioriser à travers la musique m’a permis de comprendre des choses sur moi-même et le monde qui m’entoure. J’ai donc voulu transmettre ces sujets plus philosophiques par la voix de Rafike, personnage à la fois imaginaire et réel. J’aime beaucoup les films fantastiques et le cinéma en général; j’ai voulu mélanger ces univers et revenir sur mes origines africaines à la manière des griots.

La Fabrik : A la manière des griots qui collaborent souvent avec d’autres artistes, avec qui Râfike aurait fait un featuring, si elle avait pu rapper dans les années 90 ?

KT : C’est dur à dire parce que c’est la période du hip-hop qui m’a le plus inspiré, un seul artiste est difficile mais à choisir je dirais, malgré sa courte carrière, Lin Que qui a notamment collaboré avec MC Lyte sur le titre Let it Fall que j’écoute presque tous les jours. J’adore son flow. Elle est à la fois agressive et douce et a son propre style vestimentaire de ouf…

La Fabrik : Sur le morceau Anyway, tu dis « Oui j’accepte d’être bête sur ce titre ». Tu voulais mettre un sens particulier dans cette phrase ?

KT : (rires) Souvent j’écris sur ce qui me touche en général et tout type d’émotions. Cette chanson parle d’amour. J’ai l’impression que c’est assez difficile pour des rappeuses et rappeurs d’écrire des chansons qui en parlent. Cette phrase est donc à prendre avec dérision, « j’accepte d’être bête » veut dire que je ne le suis pas…

La Fabrik : Allez, quelques questions plus générales pour que les lecteurs de La Fabrik puissent te connaître un peu mieux. Toutes catégories confondues, trois artistes qui t’inspirent ?

KT : Lauryn Hill, Bob Marley, Salif Keïta.

La Fabrik : Ton meilleur souvenir de scène ?

KT : Déjà la scène d’aujourd’hui ici, au Royal Arena. Le public était grave chaud, et présent malgré le soleil qui cognait fort. Mais le concert qui m’a le plus marqué c’est mon concert au Paléo cette année. C’était vraiment dingue! C’était la veille de mon anniversaire et le dernier jour du festival; il y avait un monde incroyable, les gens étaient tous déchaînés.

La Fabrik : Tes album et livre de chevet ?

KT : Album de chevet: j’aime bien écouter Erykah Badu avant de dormir, car sa voix est méditative. Le livre qui m’a beaucoup marqué c’est Les 4 accords toltèques et sinon en ce moment je lis Baise Moi de Virginie Despentes. C’est l’histoire de deux tueuses en série.

La Fabrik : Ton plat préféré ?

KT : Un plat que je modifie au fil des années, notamment depuis que je suis végétalienne, c’est le riz sauce arachide à l’ivoirienne dans lequel je met du tofu à la place du poulet. Toutes les mamans ivoiriennes qui vont lire cet entretien vont être fâchées contre moi, mais le riz sauce arachide tu peux pas test ! (rires)

La Fabrik : Au plaisir de partager ce plat prochainement avec toi.

Propos recueillis par Eric Chicherio pour La Fabrik
Samedi 19 aout 2017 au Royal Arena – Orpond (Bienne)

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